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mardi 18 août 2009

Blow me up






Quote of the day
"You have to love him for who he is. Not his potential"*


Je suis ce qu'on pourrait appeler une "handicapée du livre". Autrement dit, je ne suis pas une grande lectrice, à mon grand desespoir. Pourtant, la semaine dernière, j'ai fait l'acquisition d'un livre. C'était "Les armes secrètes" de Julio Cortazar.
Je me suis laissée happée par l'objet car un petit bout de papier avait été attaché avec un trombone sur la couverture. Ce papier disait : "Les fils de la vierge, la nouvelle qui a inspiré Blow up à Antonioni. Eblouissant".

Blow up je l'avais vu un soir en cinémascope à l'occasion des projections en plein air de la Villette. Mais, je ne sais pas pourquoi, je ne l'avais pas apprécié à sa pleine mesure. Après avoir acheté le Cortazar, j'ai donc eu envie de le revoir.

Je pense qu'il y a un bon moment pour que les choses arrivent. Parfois il est tôt. Parfois trop tard. Tout est une question de timing.
Comme quand Bill, l'ami peintre de Thomas, le héros du film dit : "Quand je l'ai peint, il ne voulait rien dire.... et puis plus tard, je trouve des choses".

Mais le film va évidemment plus loin et traite surtout, à travers le parcours initiatique de Thomas, des "interférences entre réel et fiction, vécu et imaginaire", de "la multiplicité des regards que l'on peut porter sur le monde" (vous trouverez des critiques plus exhaustives si vous voulez en savoir davantage ici et ici).

Et puis c'est Londres. The Swinging Sixties. The Yardbirds & Herbie Hancock après les silences (ah les silences !).
Et c'est esthétiquement génial tout en étant très intriguant..

Voilà quelques petites captures (on en fait plus des affiches bath comme ça aujourd'hui...), histoire de vous donner l'eau à la bouche !
























J'ai juste envie de finir ce billet en vous proposant cet extrait des "Fils de la vierge"...

"Cette femme ne cherchait pas un amant dans ce garçon et pourtant elle s'emparait de lui pour des fins impossibles à comprendre, à moins d'imaginer un jeu cruel, le goût du désir non satisfait, le besoin de s'exciter avant de revenir à un autre, quelqu'un qui ne pouvait en aucune façon être ce garçon".


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I'm really handicapped when it comes to litterature. That is to say I don't read a lot, even if I'd like to. Nevertheless, last week, I bought a book : "Secret weapons" from Julio Cortazar.
The book "caught" me cause there was this little piece of paper attached to the cover, saying "
Blow up, the short story that inspired Antonioni. Astonishing".

I had seen Blow up once at la Villette outdoor screenings. I don't really know why but I hadn't enjoyed it very much at that time. So when I bought the Cortazar book, I decided I had to see it again.

I think there is always a right moment for things to happen. Sometimes it's too early. Sometimes, too late. Everything is a question of time.
See when Bill (the painter and friend of Thomas who is the main character of the movie) says "They don't mean anything when I do them, just a mess. Afterwards I found something to hang on to".

But this is not just about timing. The movie is above all, through Thomas's story, about all the "interferences between reality and fiction, life and imaginary worlds". It tells about "the way one looks at things" (if you wish to, you can find more details on the movie here and here).

And I like it because it's about London. The Swinging Sixties. The Yardbirds & Herbie Hancock after the silence (wow this silence !).
And this is graphically amazing and so intriguing..

Hereabove are some caps which will make you want to see the whole movie I hope !

I just wanted to finish this post with an excerpt of the "Blow up" short story...

"This woman did not want this boy as a lover. But she was taking him for unreasonable purposes, a cruel game, the unsatisfied taste of desire, the need to get some excitment before she finds someone else, someone who could not be this boy in any ways".



* Californication - season 2

jeudi 25 juin 2009

"How much of you disappear when (a) person goes ?"



Quote of the day

"Love should be full of suspense"*


Je ne fréquente pas beaucoup les salles de cinéma en ce moment.. Peut-être parce que c'était un plaisir que je partageais souvent avec quelqu'un que je ne vois plus aujourd'hui et que du coup, je n'ai plus vraiment le coeur à ça ?

Un des derniers films que j'ai vu en salle et qui m'a vraiment marquée c'est "Better Things" de Duane Hopkins.

Hopkins a étudié la peinture et la photographie et ça se voit dans son film. Le cadre et la lumière sont sensationnels.

Il nous entraîne dans la réalité quotidienne et douloureuse des habitants d'un petit village du fin fond de l'Angleterre en nous révélant leurs rapports à la vie, la mort, l'addiction, la rupture, le manque..
"Un quotidien d'une insondable tristesse, rythmé par les injections d'héroïne, les prises d'amphétamines et les joints, qui trompent l'ennui et pimentent réunions de copains, mais aussi rendez-vous amoureux. En contrepoint de cette jeunesse en plein désarroi à l'aube de la vie d'adulte, Hopkins dépeint quelques personnages au crépuscule de l'existence" (extrait de la critique du film sur le site Europe 1).


Un film extraordinairement poétique mais réaliste et cru. Duane Hopkins ne prétend pas . Il montre, à la manière d'un documentariste.
Ce n'est pas une histoire, c'est des bouts de vie d'êtres humains qui se débattent avec leur existence.
La beauté mais aussi la dureté de cette existence. Ces personnages cherchent à surmonter l'isolement comme Gail ou la perte d'un être cher comme Larry. Que ce soit au travers d'une relation amoureuse ou bien par la drogue,
ils cherchent la sécurité et la stabilité. Mais parfois ils échouent.
Oui, parfois, quoi qu'on puisse y faire, on n'y arrive pas.
Et ce film parle notamment de ça.
C'est d'ailleurs peut être ce qui le rend dérangeant. Ce n'est pas par hasard s'il s'ouvre avec en voix off cette phrase si violente : "Elle savait que la vie était dure. Pourquoi s'est-elle dit que tomber amoureuse la rendrait plus facile ? Un tant soi peu, plus facile".
Ce film est une fiction mais ces vies là, ce sont possiblement aussi les nôtres.

"Better Things" est très contemplatif. Alors ça ne plaira pas à certains.
Je dois dire que la bande son y participe grandement.

Le réalisateur revendique d'ailleurs davantage des influences musicales que cinématographiques. Parce que, dit-il, "Avec la musique, vous n'analysez pas et vous ne cherchez pas à savoir où on vous emmène. Ca vous emporte et s'immisce de façon complètement inconsciente. Et vous faîtes ensuite les associations entre les choses, plus que réellement des connections concrètes."


Il faut alors le voir à mon sens comme une expérience. Car il est de ces films vous chamboulent à coup sûr, qui vous suivent et dont vous ne sortez pas indemnes. Je mets ma main à couper qu'après vous ne pourrez pas dire un mot et que vous y penserez longtemps.

Pour ma part par exemple, la scène qui suit reste empreinte dans ma mémoire.
Je me dis que moi aussi, je voudrais tellement pouvoir pardonner et que je n'y parviens pas.





La bande annonce c'est ici.



* extrait de 20 LO 7 de John & Jehn

mardi 23 juin 2009

Never mind the Buzzcocks





Quote of the day
"This was real life. And real life was difficult.
At best."*


Pour connaître ses séries de clichés "Bram Stoker's chair" et "Crying Men", je savais que Sam Taylor Wood était une brillante photographe. En revanche, avant d'aller au Festival du Court Métrage de Clermont Ferrand cette année, je ne connaissais pas ses talents de réalisatrice.
Taylor Wood est en effet l'auteur de "Love you more", un superbe court métrage produit par Anthony Minghella (remember "Le Patient Anglais" ou encore "Le talentueux Mr Ripley" ?).

C'est l'été 1978 à Londres et les Buzzcocks sont sur le point de sortir leur nouveau 45 tours (et ouais c'est comme ça qu'on disait avant de dire single !).
Peter file chez le disquaire, suivi de près par Georgia, une fille de sa classe, qui vient elle aussi pour récupérer le disque.
Seulement, il n'y a qu'une seule copie et Peter a été le plus rapide.
C'est alors que Georgia attrape l'objet tant convoité et le glisse dans le sac de Peter avant qu'ils ne déguerpissent tous les 2 chez la jeune fille pour découvrir le titre en question : "Love you more".
Ils ne se doutent pas qu'ils sont sur le point de vivre une des expériences les plus marquantes de leur vie.










Si vous avez l'occasion de le voir quelque part, et vu qu'il est tellement rare aujourd'hui de pouvoir voir des courts, n'hésitez pas une seule minute !

Et en bonus, je vous mets les Buzzcocks en écoute :


Bon, dans le prochain post, je vous éclairerai sur la citation du jour...



* dialogue extrait de "Better Things" de Duane Hopkins